Le roman
Le chant des bélugas
Robert Bourbonnais
Synopsis
Au bord du Saint-Laurent, dans le hameau de Port-au-Saumon, la petite Daphné entend très tôt que le fleuve ne se contente pas de couler : il parle. Un matin d'enfance, le souffle des bélugas inscrit en elle une promesse muette, qui deviendra le fil secret de toute sa vie. À Saint-Fidèle, puis plus tard loin du rivage, elle grandit entre deux appels : celui de la science, qui explore et classe, et celui du mystère, qui exige de se taire pour comprendre.
Devenue chercheuse, Daphné embarque sur des missions scientifiques au large de Rimouski. Les hydrophones révèlent des architectures sonores troublantes : grondements profonds, motifs collectifs, résonances qui semblent porter une mémoire ancienne. Plus elle écoute, plus une question s'impose : que cherche-t-on vraiment quand on prétend expliquer le vivant ?
Autour d'elle, certains, comme Mathieu, veulent des preuves, des protocoles plus intrusifs, des résultats publiables. Daphné, guidée par la présence silencieuse de Chayton et la sagesse d'Onéida, choisit une autre voie : une écoute patiente, éthique, attentive à ce qui ne se laisse pas réduire.
Le chant des bélugas est un roman de l'estuaire, de transmission et de veille : une histoire où la beauté des rives, la rigueur du regard et la part irréductible du mystère se tiennent ensemble. Dans la lumière oblique du fleuve, Daphné découvre qu'il existe des vérités qu'on ne possède pas — mais qu'on apprend, humblement, à porter.

Extrait
Puis il y eut ce souffle. Court, éclatant, jaillissant à quelques mètres d'elle. Une bouffée d'air tiède qui fendit la nuit. Elle tourna la tête brusquement : une masse claire venait de percer la surface. Le dos lisse, arrondi, se déplaça lentement avant de replonger dans l'obscurité liquide. Son cœur accéléra. Elle n'avait rien cherché, rien appelé, et pourtant ils étaient là. Un deuxième souffle éclata, plus proche encore. Puis un troisième, un peu plus loin. Bientôt, la surface autour d'elle fut ponctuée par ces jaillissements ronds, semblables à des lampes qu'on allume et qu'on éteint aussitôt. Chaque respiration s'élevait dans la nuit comme une parole brève, irréfutable. Les bélugas approchaient, sans aucune précipitation.

Trois voix du roman
Émotion
« Elle n'avait rien cherché, rien appelé, et pourtant ils étaient là. »
Science
« Les bélugas communiquent par une gamme complexe de vocalisations, dont certaines structures acoustiques défient encore notre compréhension. »
Dialogue
— Tu crois vraiment que le fleuve se souvient ?
— Il n'a jamais cessé.
L'estuaire comme personnage
Le fleuve n'a jamais cessé de parler
L'estuaire du Saint-Laurent n'est pas un simple décor. Il est le souffle du roman, le rythme qui lie les personnages à une mémoire plus vaste que la leur. Entre marées et silence, entre brume et lumière de l'aube, le fleuve porte une voix que seuls ceux qui savent écouter peuvent entendre.

Baie de Port-au-Saumon
Paysages du roman

Sur la côte de l'estuaire du Saint-Laurent

Baie-des-Rochers

Saint-Fidèle, toile acrylique 18 × 24 po (2017)
Détails
Format papier : 6 × 9 pouces
Version numérique : PDF / ePub
Roman indépendant, tirage limité
ISBN imprimé : 978-2-9815834-9-9
ISBN PDF : 978-2-9815834-5-1
ISBN ePub : 978-2-9815834-6-8
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